Éléments de génétique


À la Chatterie Arkania, nous nous spécialisons dans l'élevage d'abyssins lièvre à cause de la génétique de nos reproducteurs. En effet, tous les mammifères possèdent un certain nombre de paires de chromosomes (en génétique, un individu dont les chromosomes se présentent par paires sera appelé diploïde), les gènes qui s'expriment sont présents sur une petite partie de chacune des paires, que nous appelons allèle.

Si l'individu (ici le chat) possède le même gène au niveau des deux allèles, on l'appellera homozygote. À l'opposé, s'il a deux gènes différents, il sera hétérozygote.

Phénotype et génotype : le phénotype est le résultat observable, ce que l'on voit. Le génotype est ce que l'on retrouve au niveau génétique, on ne peut l'observer à l'œil nu, à moins de faire une analyse génétique.

Il peut y avoir dominance, récessivité, absence de dominance et co-dominance. Pour la dominance et la récessivité, les couleurs chez le chat, en particulier chez l'abyssin sont un bon exemple. Pour l'absence de dominance, on peut penser aux couleurs de la Gueule-de-loup, une fleur, sur laquelle on peut observer une couleur à mi-chemin entre les deux parents.
 

Gueule-de-loup rose
Photo : usager Flickr Tiffany57

Pour la co-dominance, les groupes sanguins chez l'humain sont un exemple classique, car l'individu du groupe sanguin AB n'ont aucun gène d'occulté à cause de la dominance. Ils sont présents tous les deux et agissent pleinement. Nous vous invitons à naviguer sur internet afin de mieux comprendre les dernières possibilités.

Plusieurs gènes peuvent être effectifs pour une seules et même fonction, comme pour la couleur.

Prenons un exemple:

Un chaton lièvre, issu d'un père lièvre et d'une mère sorrel.

La mère est sorrel. Pour ce faire, elle doit avoir les gènes des deux allèles sorrel homozygote. Le sorrel étant récessif par rapport au lièvre, on le présente, selon la convention, par une lettre minuscule : « r/r » («r» pour « ruddy »).

Son père, est lièvre homozygote. Le lièvre étant dominant, on le présente par une lettre majuscule « R/R ».

Chaque parent transmet un seul des deux chromosomes de chaque paire à sa progéniture, que l'on appelle alors gamète. Ainsi, pour le cas qui nous intéresse, ce chaton recevra «r» de sa mère et un  «R» de son père, ce qui fait de lui « R/r » (encore une convention, on écrit la lettre présentant l'allèle dominante en premier). Puisque «R» est dominant sur «r», il a préscéance, le chaton sera donc lièvre, ce qui est sont phénotype (ce que l'on voit). Mais au niveau génétique, il est lièvre porteur de sorrel (voilà son génotype). En résumé, si ce chaton va à la reproduction, il pourrait transmettre le gène  récessifà sa progéniture, et potentiellement donner du sorrel si son compagnon (ou sa compagne aurait possédé la même gamète, soir le «r».

Pour ce qui est du bleu et du sorrel, il s'agit d'un autre gène, soit le facteur de dilution. Celui-ci est aussi récessif, on pourrait le nommer «d». Si les deux parents sont porteurs, on pourra retrouver des couleurs comme le bleu ou le faon dans nos portées.

En résumé, la raison pour laquelle nous ne pouvons obtenir de chatons bleus ou d'autres couleurs avec nos chattes reproductrices actuelles, vous l'aurez peut-être deviné, c'est qu'elles sont homozygotes lièvre (« R/R ») et qu'elles ne sont pas porteuses du gène dilué. Ainsi, dû à la dominance de cette couleur au point de vue génétique, il nous est impossible d'avoir des chatons de
différentes couleurs, comme le sorrel, le bleu ou le faon.


Les termes génétiques sont tirés de Watson et al, « Molecular Biology of the gene », 5e édition, Éditions Pearson ainsi que du fascicule de laboratoire du cours de génétique (BIO-10034) de la session d'hiver 2009,
du Dr Alan Anderson, généticien, Université Laval. L'analyse génétique a été faite par la Chatterie Arkania.